Affichage des articles dont le libellé est Superfétatoire. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Superfétatoire. Afficher tous les articles

dimanche 9 juin 2013

J'adore ces petits imprévus.

Hier j'étais à Caen pour la T-Day Convention. J'voulais plus trop y aller, mais j'ai bien fait.

Le train c'était long et chiant, Caen c'est moche, je me suis faite lourdement draguée le temps d'une clope par un nigérien, et mon collant était déjà niqué aux pieds.

Qu'à cela ne tienne! L'ambiance de la conv était d'enfer, j'ai vu des artistes fabuleux et de véritables œuvres d'art. Et surtout, j'ai croisé le chemin de ce petit bonhomme, un croquis sur le troisième stand visité, dont voici le résultat 3h et 19 couleurs plus tard, encore tout frais :


Modèles cherchent preneurs. Je suis pas du genre à laisser une bestiole crever devant ma porte moi (non ce parallèle n'est pas du tout exagéré). Mais j'avais pas du tout prévu de me faire piquer. Après quelques instants d'hésitation et une course effrénée vers le distributeur automatique, David de Monster Family à Guingamp m'a tatoué ce bébé Cthulhu que j'aime d'amour sur le mollet droit.

Et comme David est un dieu de l'aiguille, obsédé par les détails et les dégradés de couleurs, un enculeur de mouches comme il l'a dit lui-même, il a gagné le premier prix du concours Best of Day grâce à ce petit monstre.

Je suis extrêmement fière de porter ce tatouage et de lui avoir permis de mettre un prix de plus dans son shop, et super heureuse de lui avoir fait entièrement confiance pour ce taf de ouf.

mercredi 20 mars 2013

La mer.


Aujourd'hui, j'ai envie d'enfoncer des portes ouvertes, et te parler d'un truc bien dar que si tu l'as jamais vu t'as 8 ans une fois devant.

Avant, la mer, j'm'en battais un peu les couilles. Mon père m'y emmenait quand j'étais môme, je jouais dans le sable, je nageais une heure ou deux, jamais trop loin parce que le courant est une vieille pute, je ramenais des galets.

Quand j'étais une djeuns trop rebelle je descendais des packs d'une bière douteuse auprès du skatepark. Je m'aventurais jamais sur les galets, pour ainsi dire, et encore moins les pieds dans l'eau.

Puis je suis partie. Et le moindre rayon de soleil me faisait fantasmer de m'allonger à quelques mètres de l'eau, de laisser l'écume me lécher les pieds et de regarder ces connasses de mouettes tourner dans le ciel gris et inhospitalier du Havre. Quand je toupinais dans mes 14m², je voulais marcher jusqu'au bout du monde, ou bien grimper sur la falaise de Sainte-Adresse et laisser le vent me gifler le visage et me décoiffer.

Ça n'a fait qu'empirer avec M. Poil, nostalgique du Havre à fond la caisse.

Quand la mer t'a accompagné toute ta vie, même si tu n'y prêtais pas forcément attention back then, ça te marque. Tu ne te sens chez toi qu'avec le bruit des vagues et l'odeur salée des algues. Rien à foutre des eaux turquoises et des plages de sable blanc. La sensation des galets sous la plante de ton pied, même lorsque tu as retrouvé la terre ferme et le gris verdâtre qui se propage jusqu'à l'horizon, entrecoupé de ferries et de voiliers, ça reste ancré en toi. Tu n'as jamais posé le pied sur un bateau, mais tu es marin dans l'âme. Dès que tu la sais loin, comme moi à Rouen, elle te manque au fin fond de ta chair.

Le 8 mars, y'avait C2C aux Docks Océane. Bien dar, by the way.

Mais le mieux, c'était quand même cette sensation de plénitude, les cheveux dans la gueule, l'impression d'être complète à nouveau.



Now this is home.

jeudi 3 janvier 2013

Salvador Dali



J'ai rencontré Dali, son oeuvre, à 14 ans. J'étais en troisième, c'était le mois de mars et j'étais en voyage scolaire à Barcelone, malgré mon aversion profonde de l'espagnol et des profs qui nous l'enseignaient.

Il faisait diablement froid. Le matin, nous nous étions promenés près d'une plage, où le vent nous giflait férocement. Le site de fouilles archéologique me laissait de marbre, comme tout ce que j'avais pu visiter durant la semaine. Ce n'est que récemment que je m'intéresse un tant soit peu à l'architecture.

L'après-midi, nous avions rendez-vous au Théâtre-Musée Dali, à Figueres. Sa ville. La façade peuplée de mannequins dorés semblables à des Oscars.

J'ai découvert l'angoisse des visites de groupe, surtout avec des adolescents de 15 ans qui ne pensent qu'à la bouffe du soir. Être pressé.

J'ai admiré La corbeille de pain. Autoportrait mou avec du lard grillé. Persistance de la mémoire. Chair de poule inaugurale. Portrait de Gala avec 2 côtelettes d'agneau en équilibre sur l'épaule. Poésie d'Amérique. Vénus de Milo à tiroirs. Et tant d'autres.

J'ai regardé avec une fascination poignante Un chien andalou. J'ai acheté des bouquins. J'ai dévoré sa vie. Exploré ses fantasmes. Je me suis projetée sur ses toiles. J'ai partagé ses lubies, ses angoisses, ses obsessions, sa passion pour la masturbation, l'ombre de son frère mort, son impuissance, ses sauterelles, ses béquilles, sa castration, ses rochers.

Le surréalisme, on accroche ou pas. M. Poil pense que Dali était fou, et je n'ai aucune envie de rentrer dans le débat de la folie et du génie.

Je me contenterai de citer Baudoin, artiste qui a récemment fait une BD sur Dali, son oeuvre comme sa vie privée, en s'appropriant ses travaux avec brio.

Qui était ce type? Il se disait génie. Un timide. Un paranoïaque. Un impuissant. Un peintre. Mon frère. Le plus grand. Juste un marchand. Dali.