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jeudi 27 juin 2013

Back to the mess.



Bon.

La dernière fois que j'ai écrit ici c'était pour raconter comment je me suis faite larguer. De ce côté là, rien de nouveau, il est toujours parti, toujours aussi bien dans sa nouvelle vie de célibat, chachablabla.
Je l'aime toujours M. Poil, tu vois. Mais je me suis fait à son absence, au lit vide, aux repas seule. Et c'est plutôt bien. Lui, il s'en bat toujours autant les couilles de moi, même si je reconnais qu'il y a eu du mieux quand même.

Moi de mon côté je déménage dans 3 jours et c'est toujours autant le bordel. J'ai pas assez de cartons, d'abord ; puis j'ai pas la motivation, non plus. Non pas que j'ai plus envie de me barrer de cet appart de merde, bien au contraire. C'est juste que les deadlines et moi, on s'aime pas trop, on se juge de loin en attendant de voir qui sortira vainqueur de la lutte contre le temps. J'aime à croire que je suis brillante dans l'urgence.
Autant te dire tout de suite, je gagne pas souvent, et là on est bien barrés pour se retrouver dans la merde jusqu'au cou.

Dans la série des autres trucs chouettes, je bite rien à mes derniers articles pour préparer mon mémoire. Je vois mes rêves de thèse et d'articles publiés et de cours en amphi s'envoler en me faisant un bon gros doigt pendant que je pleure en me frappant la tête dans un mur. J'exagère sûrement un peu, mais j'en suis pas loin. J'essaye de m'accrocher, mais j'ai juste pas le courage. Ou plutôt, trop de colère envers moi-même pour prendre une bonne goulée d'air, me foutre un coup de pied au cul et me poser tranquille devant mon café-clope pour m'y mettre calmement et sans stress.

Mon père est parti en désintox y'a 2 jours, presque à l'autre bout de la France et je sais pas quoi lui dire à part un minable prend soin de toi quand je l'ai au téléphone. La pudeur dans les 2 sens, je lui ressemble rarement autant que dans ces moments-là ou on sait pas quoi se dire. On est à l'aise l'un avec l'autre, mais pas en parlant l'un à l'autre. J'me comprends. En attendant, y'a son cadeau de fête des pères sur mon bureau.

Sinon pour les trucs agréables, j'ai passé un bon week-end qui s'est conclu je suis plus trop sûre de savoir comment par du sexe oral très alcoolisé derrière une baraque à Pont-Audemer. On se voit régulièrement, il est gentil tout plein, on a de quoi discuter, c'est assez cool. Pas eu assez de cul encore pour pouvoir juger sur ce plan-là, mais ça peut devenir un truc sympa. Et les autres gens de la soirée étaient d'la balle aussi pour la plupart. J'ai aimé passer du temps avec de nouveaux gens.

Casimir a kiffé son cadeau d'anniversaire et c'est une grande victoire pour moi.

Une meuf trop dar part en Chine bientôt, ça ça me fait bien chier. Elle va me manquer.

Bref, y'a du bon et du moins bon, je sais pas si je me sens bien ou pas. On va dire que je dérive. Je dors trop, aussi.


jeudi 30 mai 2013

"Je ne t'aime plus."



C'est ce que m'a dit M. Poil jeudi dernier à minuit et demi. Il ne m'aime plus.

Quand on t'annonce qu'on ne t'aime plus, tu ne peux rien faire. Tu n'as pas de quoi te mettre en colère, car ce n'est la faute de personne. J'ai bien essayé d'attendre son retour, mais il m'a bien fait comprendre que sa décision est définitive. Alors t'arrêtes de dormir, de bouffer, tu regardes les bouteilles qui te murmurent au creux de l'oreille que ça te ferait pioncer et tu penses à ta mère devenue tarée et ton père qui prend le même chemin. Tu cherches dans tes contacts quelqu'un qui pourrait te refourguer le numéro d'un dealer, mais tu ne connais personne à Rouen. Tu adoptes donc le réflexe le plus con et inutile du monde : tu chiales ta race. Tu peux rien faire d'autre anyway.



Tu pleures au téléphone. Avec ton ex (ça, tu commences à peine à le penser, hors de question de le prononcer), avec tes potes, avec ta famille, avec le doctorant qui encadre ton mémoire. Tu pleures tout le temps.

Soudainement, t'as l'impression que ça va mieux, mais quand M. Poil passe récupérer quelques affaires, tu pleures encore plus. Tu lui dis qu'il est beau et tu meures d'envie de foutre le nez dans son cou, de lui choper la bite, de lui hurler que tu l'aimes, de lui rouler des patins dégueulasses, mais il ne veut même pas s'asseoir à côté de toi sur le canapé. Tu dors la gueule écrasée dans son oreiller.

Dans l'appart, il est partout. Dans la toile de Dark Vador au mur. Dans ses fringues qui pendent du tancarville. Dans le perfecto sur la chaise du bureau, qu'il t'a offert pour tes 19 ans. Dans la basse à tomber par terre dans le coin du salon, offert il y a même pas 2 mois pour tes 20 ans. Dans tes bijoux, tes propres fringues, dans chaque objet qui traîne.

Et quand tu le vois, tu peux pas t'empêcher de lui poser des questions de merde.
Je t'ai rendu heureux?
Tu retiens quoi de moi?
Tu m'oublieras?
Tu regrettes?
Tu ne penses plus du tout à moi?

Tu tends le bâton pour te faire battre et t'en redemandes.
En attendant, tu dois résumer un article de 45 pages à rendre dans une semaine, tu dois chercher un stage, et un nouvel appartement. Suffisamment grand pour garder tes animaux, suffisamment étroit pour ne pas excéder 450€ de loyer. Mais comme t'es conne, tu regardes les 3 malheureuses photos que tu as avec lui, tout le temps, et tu te passes en boucle la vidéo de tes 20 ans où il t'embrasse comme un taré.

On te dit que t'es jeune et que t'en auras d'autres. Ils ont beau avoir raison, t'as juste envie de leur éclater la gueule, parce que celui que tu veux, tu le regardes partir en sanglotant.

Tu cherches ce que t'as fait et tu te mets à te haïr, toujours plus. Parce qu'il n'y a personne à blâmer, mais qu'il est trop difficile de se résoudre à avancer.

Tu pleures, tu bouffes plus, tu dors plus, tu ne sors plus de cet appart qui est plein de vous, votre histoire, et qu'est-ce que tu l'aimes et qu'est-ce qu'il te manque.

jeudi 4 avril 2013

Salut Maman.



J'y pensais tout à l'heure, à t'écrire. Mais IRL tu vois. Première question qui m'est venue : te la poster ou la filer à Mamy pour qu'elle te la remette?
Et logiquement : en parler?

Puis toujours les mêmes choses qui me turlupinent. A quoi ça sert? Tu comprendrais pas. Tu peux pas, tu veux pas, un bon mélange des 2. Je suis pas tellement sûre de vouloir le savoir.

Je suis fatiguée de penser à toi. Parfois ça va, t'es loin, une petite gène, comme quand je sens que mes doigts doivent craquer mais qu'un de mes annulaires résiste une trentaine de secondes. Parfois t'es obsédante et c'est toi que je vois dans le miroir ; ta gueule, tes formes, j'entends aussi ta voix en écho dans le téléphone.

C'est bien ça qu'est marrant au fond : si je te croisais, je ne te reconnaîtrais pas. T'as beaucoup maigri je sais, même si tes cheveux sont toujours aussi maigres, bien que sûrement plus longs, beaucoup plus longs. Je te revois toujours nageant dans tes bourrelets, les yeux complètement morts, balbutiante, ahurie. C'était toi qui ne me reconnaissait pas, avec mes cheveux courts noirs et bleus. J'te revois débordant sur ta chaise, à fumer pipe sur pipe, un verre à la main, ton lexomil près de ta souris, connectée au chat de rire et chansons. Complètement à côté de la plaque et inconsciente de la merde dans laquelle on vivait, littéralement. Je ne pense pas que tu aies conscience du nombre de fois où Papy a vomi en nettoyant, ni comment les mecs ont du en chier pour casser les sols à cause de l'odeur.

Soit dit en passant, tu ne me reconnaîtrais pas non plus. J'ai encore grandi, ma poitrine et mes hanches dégueulent un peu. Mes cheveux sont longs, j'ai une frange. Des piercings, ce que tu m'as toujours interdit. Un tatouage que je porte aussi un peu pour toi. Malgré toi, devrais-je dire.

M. Poil vient de m'envoyer un message pour mon anniversaire. Techniquement j'entre dans ma vingtaine à 19h55, mais il voulait être le premier à me le souhaiter.

Surtout, je t'en prie, n'appelle pas demain. Ou en tout cas, pas demain matin. Fais-le quand je ne serais pas là. Je veux pas que Mamie me regarde de côté, en faisant mine de me refiler le combiné. No way. Elle te dira que je suis à Rouen, comme d'habitude, et tu lui diras que tu veux m'écrire à la Pléiade, pour changer.

Putain, j'ai jamais foutu un panard à la Pléiade, c'était toi en deuxième année, ages ago.

J'revois Papa hein, on te l'a déjà dit. Suis-je toujours une traîtresse à tes yeux? Sûrement. J'ai pas envie de rentrer dans le débat : t'es incapable d'entendre, juste de fermer ta grande gueule (dont j'ai hérité) pour m'écouter 10 minutes.

Aujourd'hui je sais que mon père, je l'aime, j'ai rien à lui pardonner car il ne m'a jamais trahi, pas comme toi. J'ai envie de te pardonner tu sais. Je sais pas si je pourrais.
Puis te pardonner quoi? De m'avoir fait déposer une main courante contre mon père pour inceste? De m'avoir tabassé la gueule? De m'avoir fait mentir toute ma vie? De m'avoir rabaissé toute mon enfance par rapport à Paul, ton fils, l'homme de ta vie comme tu disais?

J'te déteste pas, bien au contraire. Putain Maman, tu me manques, je croyais pas ça possible. J'en ai découvert en 3 ans. Je t'ai découvert perfide et vile au possible. T'as détruit tous ceux que t'as côtoyé, tes gosses, tes parents, ta fratrie, ton mari, tes amants. D'autres que je ne connais pas.

T'es malade certes. Mais ça n'excusera jamais les puteries que tu as pu faire et tout ce que tu as pu brisé des années auparavant. Et pourtant, quelque part dans ma chair, tu me manques.

Peut-être qu'un jour, je t'appellerais. Ou je passerais te voir. Peut-être que je pourrais sourire en fermant ma gueule. Mais ça sous-entend trop de trucs, trop de réel. Peut-être que je serais prête à t'affronter et, par ce biais, m'affronter aussi un peu.

Ça me dégoûte toujours autant de te voir à travers moi. Je parle, ce sont tes mots. Je complote, tu me susurres à l'oreille.

Peut-être qu'un jour j'arriverais à faire la paix entre nous 2.

Ciao Maman.
Bon anniversaire ma gueule.

mercredi 3 avril 2013

Ces moments chouettes où rien va bien dans ta p'tite vie moisie.



Je sais pas par où commencer.

J'ai choisi mon encadrant pour mon master next year, déjà. Il est carrément opé pour me monter un sujet de thèse, mais m'a rappelé (sans aucune intention mesquine) que ma (très très) sale note en neuro du dernier semestre était une grosse tâche dans mon dossier et que cela pouvait me bloquer l'entrée en M2.
Autant dire que toute ma joie, ma fierté, ma motivation à l'idée de me réorienter de l'expérimentation animale à l'imagerie cérébrale (parce que mon prof trop d'la balle de TER prend plus d'étudiants de psycho, 'fin bref) se sont envolées en un clin d'oeil.
Alors qu'au début, j'étais en plein rêve. Y'a de la place pour du sang neuf, de brillants jeunes chercheurs qu'il me disait. Y'a plein de découvertes à faire. J'ai l'impression que mon dossier sera refusé de toute façon et je ne suis pas sûre de réussir à me parvenir du contraire. Je sais que ce 4 de merde c'était un accident pendant l'Agora, parce que je passais mes journées (et mes nuits) soit au cinéma, soit dans la chambre d'hôpital de M. Poil, j'arrive pas à me foutre dans la caboche que bordel de merde, je me suis jamais laissé bouffer par quelqu'un, ça commencera pas avec un jury pourri.

By the way, de mon TER. J'avance pas. EthoLog ne fonctionne pas sous Windows 8 et je n'ai rien sous 7 ou XP, donc vas-y que je code tout à la main et que c'est monstrueux. Je suis très à la bourre et je m'enfonce. Comme à chaque fois, je me décourage à la moindre emmerde.

J'ai commencé mon stage aussi. Non seulement c'est terriblement, monstrueusement chiant, mais en plus à priori il me manquera des heures. Youpi.

Mon père est reparti à l'hosto et en est ressorti, ben, aujourd'hui en fait. Chais pas où il en est, j'peux que croiser les doigts.

Ma mère veut des photos de moi. Je sais pas si je lui en ferais parvenir via ma grand-mère. Le 19 mars, ça faisait 3 ans que je l'avais pas vu et le compte continue.

Et vendredi je prends 20 piges. Non seulement c'est le début du début de la fin, mais je pense à cette saloperie de Reggiani et Votre fille a 20 ans. Tout simplement parce que ma mère a toujours dit qu'elle la passerait ce jour-là. J'ai beau savoir que ce soir-là, je serai entourée de potes à tomber et qui m'aiment, ça me bouffe jusqu'à la moelle.

Et hier, j'ai voulu faire ma gourmande, j'avais à peine un sandwich dans les tripes et je me suis tapé un demi joint de beuh quasi d'une traite. J'te dis pas le trip où je me suis pétée la gueule sur le campus et comment c'était flippant de voir tout mon champ de vision en noir et blanc. Bonjour la honte, les traces blanchâtres de gravier sur mon jean noir et meeeeeeerde, mais quelle connasse, du coup j'ai rien profité du tout. C'est rien en soi mais ça me fait chier.

C'est histoire de te montrer combien je suis poissarde et conne.

En ce moment c'est la lose. J'ai l'impression que tout me file entre les doigts, et qu'on a rajouté des poids à mes boulets.


lundi 4 mars 2013

Mon père est alcoolique.



Ça m'a semblé ridicule quand j'ai sangloté ça au téléphone, j'chialais tellement que M. Poil bitait pas un mot de ce qui sortait de ma bouche. Maintenant, je pense plus qu'à ça.

Mon père est alcoolique. Mon père est alcoolique. Mon père est alcoolique. Mon père est alcoolique. Mon père est alcoolique. Mon père est alcoolique. Mon père est alcoolique. Mon père est alcoolique. Mon père est alcoolique. And so on.

J'm'en doutais pas, mais tu peux pas nier quand il tient pas debout, qu'il arrive plus à articuler pour parler et qu'il se pisse dessus.

C'pas comme si j'avais passé la moitié de ma vie avec une piche, que ça avait détruit ma putain de famille. J'étais déçue, j'avais mal, je voulais le tuer.

J'ai passé grosso modo mon week-end à larmoyer. Heureusement qu'on était 2. Dans la nuit, j'me rendais compte dans un sursaut que j'avais les yeux ouverts depuis Dieu sait quand. Le moindre bruit d'ivrogne qui se pète la gueule dans le salon me faisait me raider, le regard braqué dans le vide, chaque fibre de mon corps tendu.

J'ai beaucoup, beaucoup fumé, l'estomac vide. Et très peu dormi.

Hier pendant qu'on baisait comme on avait pas baisé depuis longtemps, M. Poil et moi, avec de la langue, des cris rauques et des mots doux, ça m'obsédait. Ton père est alcoolique, et toi, tu baises. Salope.

D'ailleurs, il me fait bien culpabiliser, M. Poil. Il comprend pas, il peut pas comprendre anyway, que je peux pas revivre ça, pas une deuxième fois, et surtout pas mon père que je découvre à peine et qui me trahit. Une puterie que j'égalerais sûrement jamais.

J'dis pas que c'est sa faute. J'lui en veux pas de se murger la gueule en lousdé dans sa bagnole en rentrant du taf. Juste, un jour il rentrera, ou pas, il est foutu de se buter en bagnole ce con, et il sera tout seul. M. Poil comprend pas ça, t'as beau aimé quelqu'un, y'a des trucs qui te plient l'échine, et t'as pas d'autre choix que de t'éclater ta race par terre ou de t'enfuir pour panser tes plaies. On a plus la force de lutter. On en a trop bavé dans cette famille.

At least j'suis pas au Havre. Peut-être que je reverrai jamais mon père dans cet état. Peut-être que ça s'arrangera. Peut-être qu'on va tous finir dans le mur. Who the fuck knows.

Et M. Poil qui me force à bouffer.

"Ça va?
- J'pensais pas avoir encore de quoi chialer. Allez, des couilles meuf.
- Il t'en faudrait au moins 6 paires pour encaisser...
- Ça veut dire quoi ça, que j'ai pas de couilles ou que j'peux pleurer comme un veau?
- Qu'tu peux pleurer."

C'que j'arrête pas de faire.

mercredi 27 février 2013

Autant m'enfiler une bouteille de vinaigre dans le cornet.



J'tape à reculons mon cours de psychométrie mes couilles et je me dis de finir mon éthogramme asap pour l'envoyer à mon prof de TER, et pour mieux me distraire j'ai mis la musique en aléatoire.

Bah mon gars, l'aléatoire se fout tellement de ma gueule ce soir.

En plus j'ai mes règles, ce qui me rend inévitablement complètement parano irritable, névrotique nostalgique, et carrément crevée de l'intérieur amorphe à souhait.

Mon utérus aussi, il se fout de ma gueule. Ce serait pas marrant de juste chouiner pour des crampes comme les copines. Non seulement je larmoies parce que j'ai plus de dos et les seins en bouillie, en plus, je tombe dans le creux de la vague. Every fucking time.

J'suis comme tout le monde, y'a des trucs que je peux plus écouter, j'ai de la bile au bord des lèvres, la chair de poule, et c'est pas une dose de dopamine gentiment libérée dans mon circuit de la récompense. Sauf que c'est pas juste quelques chansons, c'est des artistes que j'ai carrément dans les tripes.

Je peux fredonner pendant 2 minutes complètes -j'ai perdu le goût des représailles, que mes victimes  m'en soient témoins/j'ai dû sans l'savoir combler des failles, des précipices, des crevasses, des ravins- avant de me rendre compte de ce que je fous et de tomber dans un mutisme à l'épreuve de tout. Enfin presque, M. Poil, y sait négocier.

Et comme dans mes coup de blues, je suis assez masochiste, j'en rajoute une couche et je me fais un album de Miossec en me balançant comme une autiste. Pas que des chanteurs/musicos, d'ailleurs.

Si y'avait que Miossec, remarque. Mais c'est le plus significatif, parce que je sais plus combien de fois je l'ai braillé en bagnole, où je me suis assise sur scène près des baffles.

Je supporte plus le générique d'Happy Days. Je fonds en larmes quand j'entends Carrie se péter la gueule sur la colline de La Petite Maison Dans La Prairie. Simon&Garfunkel me filent la gerbe. Les Beatles me sortent par les yeux. La BO de Phantom of the Paradise me fait autant frémir de dégoût que gémir de bonheur. Be-bop-a-lula me met terriblement mal à l'aise. Queen me serre parfois la gorge.

Et j'ai mes chansons de bad bien à moi. Pas forcément tristes en elle-même, tu sais, les associations que tu fais dans ta tête. La divine, divine Dead Hills de Punish Yourself. Et Worms. J'ai une playlist de Noir Désir et de Nine Inch Nails longue comme le bras. Nightcall de Kavinsky. Quand vraiment je fais la meuf bien mourante, Crève et Plus le coeur à ça de Mademoiselle K. passent toujours. Même Dad's Gonna Kill Me de je sais plus qui. Pink Floyd. Et plein d'autres que j'ai pas en tête, qui me reviendront plus tard dans la soirée.

Et toi m'man, que deviens ton poing dans tu tends les doigts?

mercredi 13 février 2013

T'es conne.



Fool me once, shame on you ; fool me twice, shame on me.

Mais quand c'est toi qui t'auto-encules, à qui t'en veux? Tu te fendilles jusqu'à te scinder en 2 et let the catfight begins, tu high five la garce qui dort sur ta langue ou tu te décomposes lentement jusqu'à tomber en miettes tellement ta honte t'écrase?

J'suis fatiguée, j'me sens sale et polluted. J'ai tellement envie qu'on me foute un pain, j'ose pas moi-même, j'suis trop lâche.

Tout à l'heure j'me suis prise la tête avec M. Poil, à cause d'un bloc de feuilles sans marge petits carreaux, de stabilos noirs 0.4 et de cotons démaquillants.
"Putain mais tu sers vraiment à rien pauvre connard! Fils de pute de trou du cul de merde!
- Eh, tu te calmes putain?! Tu me fais une vieille crise de nerfs pour un bloc de feuilles?
- Tu me gaves. Tu. Me. Gaves. Ah ça pour penser à ta sale petite gueule de merde quand t'as envie de claquos, y'a du monde!
- Synapse, c'est un bloc de feuilles... C'est exactement la même chose.
- Non bordel, non c'est pas la même chose, dans mon bloc j'organise!
- La preuve, quand on voit ton tas de feuilles sur le bureau...
- J'm'y retrouve dans mon fucking tas de feuille. Sale race. Vieille pute lépreuse. Nan mais j'y crois pas.
- Tu te calmes?
- Va te faire enculer.
- Nan sérieux, tu te calmes?
- Va te faire enculer.
- Pour un bloc de feuille? Vraiment Synapse, t'es sûre de toi?
- Va te faire enculer.
- Et tu m'parles autrement.
- Va te faire enculer."

Après j'ai tiré la gueule une demi-heure dans le fauteuil. Sans déconner ça va, ça m'est arrivé de ne pas décocher un mot all day long.
Y'a 2 nuits, je lui ai chanté un quart d'heure d'Ainsi font, font, font, les petites marionnettes pour obtenir ma pilule que j'avais zappée sur la table, parce que quand je suis à poil dans mon lit, no way j'me relève avant que le réveil ne me l'ordonne.
D'habitude, je suis comme ça que pendant mes règles, or mes ourses ramènent pas leurs truffes avant 2 semaines. Je suis rarement insupportable à ce point sans raison.
Et tout à l'heure j'ai chialé 10 minutes dans une cabine d'essayage en enfilant des futals de merde qu'on m'a avancés par que ce trou du cul de M. Poil s'est barré avec ma carte bleue.


Je m'auto-épuise et je suis plus trop sûre de savoir pourquoi.
J'aimerais me détendre.
Un peu genre :



Ah bah voilà ce qui cloche. JE BAISE PAS.

J'ai toujours été plus portée sur le sexe que mes partenaires, qu'ils aient une bite ou des une paire de nibards. J'aime le sexe. J'aime l'organe, le bruit et l'odeur, les lovebites et les clichés, les accessoires et les mots doux, j'aime faire l'amour, baiser, (for)niquer, m'envoyer en l'air, prendre et faire prendre mon (son) pied.
C'est simple, pas un seul de mes partenaires ne m'a pas rangé dans la catégorie des salopes. J'prends pas ça comme une insulte, ni vraiment comme un compliment.
C'est un peu ton fardeau quand tu ne te caches pas d'aimer le cul.

Anyway, j'ai toujours eu une libido d'enculé, à moins que 1) mon partenaire ne m'excite plus et 2) mon partenaire ne m'excite plus. Il est là, le problème, il se fout de ma gueule. Parce que mon partenaire là, il me plait diablement.
Hier je te pondais un pavé sur M. Poil et rien que de l'écrire j'avais besoin de changer de culotte. J'le mate à poil, pareil, il me sourit de ce plus beau sourire au monde, c'est reparti.
Pourtant, quand il me touche, c'est parfois un peu compliqué.

Au pire ça, j'ai presque envie de te dire osef, ça m'est déjà arrivé une fois ou 2. Après tout, la baisse de libido c'est assez commun, surtout quand tu soignes ta dépression à grands coups de nicotine et d'éthanol.

Mais en plus, j'me touche plus, j'en ai même pas envie, et ça, c'est juste trop bizarre.

J'suis sûre que si moi et moi on redevenait copines, tout recoulerait de source. Ça serait beau et bien.


Et peut-être qu'on accepterait de se parler en se regardant du coin de l'oeil, et quand j'aurais gagné sa confiance, je lui arracherais la gueule à c'te pute. Je sais juste pas laquelle je suis.

mardi 12 février 2013

Des papillons au fond des tripes.


J'ai du mal à me rappeler. Juste, t'avais flashé sur mon cul et t'as fais le chien pour récupérer mon numéro auprès d'une amie commune qui, dingue de toi, avait fait la connerie monumentale de nous présenter. Que tu m'as mythonné sur The Rocky Horror Picture Show pour me pécho et que tu te faisais chier à La Sirène avec ta mère. J'me rappelle pas de notre première baise alors que c'est toi qu'as décapsulé, salopard. Par contre, j'me souviens de mes conneries de tes crises de jalousie des miennes des tirages de gueule qui me faisaient déjà péter des câbles et toutes les merdes pour lesquelles on s'est quittés comme des crétins. J'aime pas y penser. J'me rappelle pas de toutes les fois où on s'est croisés, sourit gauchement sans trop savoir par quel bout se prendre, on se haïssait comme on voulait se revoir. J'sais plus pourquoi on s'est recontacté mais j'me rappelle de Kebabia et de ma statue sur le sable blanc et gras de cette île à la con, du dégivrage de mon frigo -fais gaffe connasse, tu vas te couper, et vlan j'ai plus de doigt. J'sais plus pourquoi j'm'étais prise la tête avec ma grand-mère, mais j'me rappelle que tu m'as attendue une plombe en bas de chez elle dans ta twingo vert pistache. On a été dans j'sais plus quel bar de la plage, il faisait encore bon, j'étais en débardeur et j'ai hésité à me barrer avec la bouteille collector de Despé parce que je suis une meuf. Dans ta caisse, on a parlé de cul, t'étais fou parce que j'avalais, j'étais morte de rire pour ton ex et ton plan cul. On a parlé de serial killers, Bundy et Kamper et De Salvo et c'était badant. Tu m'as ramenée à 6h30 chez moi, le soleil se levait et j'avais les boules, j'étais si bien dans ta caisse à regarder tes yeux et surtout ton sourire, le plus beau du monde, à faire trembler mes lèvres et mes cuisses. J'ai eu du mal à dormir, j'voulais pas le tromper, mais t'étais déjà revenu dans ma peau, comme une cicatrice qui parfois encore démange, un membre fantôme, un souffle sur ma brûlure à la cuisse. Tu t'en rappelles, de celle-là? Ton putain de scooter jaune dégueulasse et mes résilles. Elle a fini par disparaître. Dommage, je l'aimais bien, elle était chouette. On s'est revus le lendemain, le surlendemain et après encore. Ah oui, ça me revient, la Fête de la Scie et ma mère. Il pleuvait, j'avais froid dans mon corset, t'avais ton perfecto et tu frimais, sans pour autant ouvrir ta gueule quand je déversais amèrement ce qui me pliait l'échine. Il aurait été dingue, de savoir que je te crachais tout, alors que j'lui disais rien. Presque tous les après-midi, j'te rejoignais. On allait à la plage, sur le parking ou les galets, ou on restait dans ta caisse. La fête de la musique avec l'autre meuf dar qu'on a réussi à faire boire, on a regardé mon oncle chanter, et t'as aimé. C'que j'étais fière de mon sang. On a eu la dalle, on est rentrés chez toi, plâtrée de pâtes devant la saison 4 de Breaking Bad. Tu t'es endormi sur ma cuisse et j'me suis bouffée les doigts de te réveiller pour me ramener. Et la fête du bac, sa race la fête du bac. T'as bu, moi aussi, mais moins. Trouduc d'Alexis qui chialait pour sa trouduc de meuf, et l'Ukrainien qui me parlait, et t'hallucinais. Moi aussi mais j'avais bu, alors bon. L'Ukrainien qu'hésitait à vider son estomac par terre pendant que toi tu m'attirais à l'arrière, dans tes bras, et je tremblais comme une feuille, j'avais besoin de changer de culotte à peine tu me foutais ton écouteur mal fichu dans l'oreille. Fringue par fringue. Et vas-y que j'te caresse, que j't'embrasse, et je voulais me fondre contre ta peau, malgré l'autre con qui dégueulait, malgré le froid, et ma tête qui commençait aussi un peu à tourner. L'était 7h quand on est rentrés chez toi. Tu m'as proposé un massage et j'ai failli chialer de rire, tellement tu prenais de gants pour me désaper. Bah ta grosse gueule meuf, ta grosse gueule, parce qu'effectivement tu m'as juste massée. Un des moments les plus érotiques de toute ma vie, et là j'ai l'impression d'être cette connasse de Rose dans cette bousasse de Cameron, paint me like one your french women. Le bout de tes doigts qu'effleurait mes seins et le bas de mon dos, et je faisais le dos rond comme une chatte en priant pour que tu me baises ou juste me serres dans tes bras. T'as choisi la deuxième option. Dis, tu te rappelles comment il était fou, comment j'ai pleuré le lendemain en me réveillant dans tes bras? Moi oui. Combien je voulais le quitter, enfin. Aujourd'hui encore, je sais pas si t'étais un prétexte ou si c'est vraiment pour toi qu'on s'est déchirés pour de bon. J'regrette rien, si ce n'est l'avoir mythonné. Enfin, vu ce qu'il est devenu. J'me rappelle de Black Swan dans ton plume et du teasing qui s'arrêtait jamais, à quoi on joue, là?, j'sais pas mec mais là tu me refroidis. Et puis Lord of War et les galoches, les pelles, les salades de langue. J'me rappelle, quand on s'est embrassés pour la première fois, t'hallucinais que je te laisse me peloter les seins. J'sais plus quand j'ai commencé à dormir dans ta bagnole, serrée contre toi. J'sais plus quand tu m'as mis ta main entre tes cuisses et fais mourir un peu à l'arrière de cette foutue twingo. J'me rappelle de la Japan Expo et de ta trouille, de tes textos tout le temps. De la boule au ventre à l'idée de te revoir et de bouffer cette bouche, ce sourire, ces yeux. Te bouffer tout entier et me lécher les doigts. T'as du mettre moins d'un quart d'heure à débarquer, j't'avais pris des photos des costumes d'Alexandre Astier. Les pelles qui n'en finissait plus, tes mains qui me faisaient mal, ta caisse toujours trop petite. On s'est planqués dans un coin à Sainte-Adresse. On a baisé comme des ados et dans ma tête j'avais 15 ans, ta bite, ma chatte, toi, moi, le fou rire. On s'est vus tous les jours, tous les soirs j'ai dormi chez toi. Je galérais à dormir, tu me tenais trop chaud, et tu ronflais comme un porc. On s'est mis en ménage. J'aime dire que j'avais pas le choix, mais je mens, le choix je l'avais, mais j'te voulais. Une heure de route ça m'a déjà niqué un couple. J'm'en veux pas d'avoir fait ça, mais d'avoir un peu quand même trahi mon père. Et au final c'était pas parfait, ça le sera jamais, mais ça marche. Notre appart' tout miteux avec du moisi au mur et les tuyaux qui chauffaient trop, les gens qui regardaient par la fenêtre. Aujourd'hui, on est les bourges de Mont-Saint-Aignan, dans notre immeuble de vieux qui nous zieutent de traviole. J'me rappelle qu'au Havre, on allait tout le temps au Samouraï. Aujourd'hui, on sort plus de trop, pas assez de thunes, trop crevés. Mais toujours, on s'aime. Sans la plage, sans les nuits dans la caisse, sans tourner autour du pot, sans se caresser dans le sens du poil. T'es bourré de fissures, sur la gueule et dans l'âme, je suis mal recollée, la colle déborde de partout et les vapeurs me rendent nauséeuse. On sera jamais lisses. On se fout les doigts dans les plaies en hurlant tellement ça fait du bien. C'est cette merde, ton sourire et mes gueulantes, nos ongles rongés, nos puteries et tout ce qu'on brise en riant, qui font que nous, ça marche.

La St-Valentin, ça me rend conne et hormonale. J'me donne du diabète.

mardi 5 février 2013

Chier putain sa race.



Trop crevée pour faire le ménage, bosser, sortir, écrire, poser mon cul et souffler.

Pas le temps de dormir, de baiser, de glander, de jouer à WoW, de mater les 12 séries qui traînent sur mon DDE, de m'occuper de mes bêtes, de prendre un bain, de réfléchir, poser mon cul et souffler.

mardi 22 janvier 2013

Du gris.



J'ai fini mes partiels mardi dernier dans une ambiance puant le low self-esteem et le désespoir chronique qui te prend aux tripes chaque fois que tu dis que maintenant la session finie, tu ne peux plus inverser la tendance.

Après avoir noyé mon mercredi dans le plus grand des rien, j'ai pu reprendre une goulée d'air jeudi avec mes copains que j'aime d'amour. J'ai même embarqué le dossier des dossier, Docteur Who et les Daleks, préfacé par les frères Bogdanoff, 1987. C'était chouette, à base de Calogero, de produits de l'OM, de Barack Obama et elle, j'lui prends le cul, tu lui prends la bouche sur une machine à laver. Casimir et moi nous rentrions dedans en revenant chez moi, à 5h du matin.

Samedi j'étais à Paris avec mon Chevalier. J'y avais pas foutu une patte depuis mes 11 ou 12 ans. Chaque fois qu'on larguait une saloperie sur les parigots, cette race cruelle et incomprise, on avait la démonstration en images. On s'était promises de ne pas passer pour les touristes, mais c'était sans compter le wtf du centre commercial dans la fucking gare Saint-Lazare et tourner 3 fois autour de la-dite gare pour trouver la freaking rue.

Les Tuileries sous la neige. L'expo des jeux Star Wars et l'odyssée de la mode du XVIII à mi XIX au musée des Arts Décoratifs. Et la SNCF qui te fait poireauter une heure et demi parce que ton train est tombé en panne avant même le démarrage.

Paris c'est gris et moche, les habitants portent des chapkas et des talons, des oreillettes bluetooth et d'énormes sacs des galeries Lafayette. La neige avait fondu pour faire une immonde bouillasse, la même que j'ai retrouvé au Havre.

Après un restau chiant comme la mort et des louchages sur mon piercing, accompagné du murmure de M. Poil, pétasse, dans mon oreille parce que non putain, j'ai pas envie de le planquer pour ta connasse de mère, direction le nouveau bar de la belle-doche. J'étais venue pour boire, pas pour faire le service avec des yeux dans le décolleté.

Dimanche gris chez mes grand-parents. Vannes discrètes de mon frère, ma mère toujours aussi à l'ouest, et visiblement qu'a morflé. Je sais pas quoi en penser. Difficile qu'on est mythomane, et qu'à moitié consciemment, d'avoir la confiance de sa gosse. Difficile pour moi, la gosse, de savoir si j'ai pitié d'elle ou si je la vomis.
Tout ce dont je suis sûre, c'est qu'elle a beaucoup maigri, Mamie m'l'a dit.

C'était censé être un bon week-end. Je suis mitigée.

samedi 12 janvier 2013

Qu'est-ce qu'on va faire de toi?



Qu'est-ce que t'as dans la tête? Des romances nerveuses

Alors même que je fume mon avant-dernière clope, dans l'angoisse de devoir attendre au moins 19h30 pour que M. Poil rentre du taf pour pouvoir taxer dans son paquer, alors même que dans l'épisode Triangle d'X-Files, Mulder roule une pelle à la Scully du passé sapée flapper pour l'occasion et que je me dis qu'un jour mon improbable mais pas impossible gamin aura Fox comme deuxième prénom, que ma souris n'a plus de piles et que c'est galère pour naviguer dans mon cours à se pendre d'ennui sur la psychologie de l'orientation, rubrique career counseling, de l'ue Souffrance, Accompagnement et Conseil de la troisième année de licence de psychologie de l'Université de Rouen, j'ai envie de pleurer un peu.

Parce que malgré mes facilités d'apprentissage qui m'ont soutenue sans effort jusqu'à la fac, et les efforts que j'ai mis dans ce semestre pour réussir à gérer mes partiels un tant soit peu, je commence à penser que je n'ai pas les épaules nécessaires et que mon avenir s'arrêtera au mieux l'année prochaine avec un mémoire insatisfaisant, 4 grammes dans le sang et une haleine joyeusement parfumée à l'éthanol.

Parce que ç'a toujours été ainsi et que ce ne serait qu'une déception de plus sur la liste et que je pense que je pourrais bien m'y habituer, même si ce ne sera pas glorieux. Les regrets et moi nous côtoyons régulièrement depuis des lustres.

Si toi aussi tu te détestes et que tu ne fais rien pour arranger le Tchernobyl constant qui irradie ta tête, tape dans tes mains.

En plus, j'ai plus d'eau chaude depuis samedi dernier.

samedi 22 décembre 2012

Fuck me Freud.



En ce moment, je rêve beaucoup de ma mère. Blame it on Noël, ou pas, je suis pas trop sûre moi-même.


Avant, je la croisais rue Coty, ou au tabac près de Score Game. Elle me reconnaissait, me chopait le bras, essayait de m'enlacer. Je fondais en larmes et lui hurlait de me laisser, sale pute, fous-moi la paix, tu vois pas que tu m'as détruite jusqu'au fond de l'âme, tu vois pas que j'voudrais crever plutôt que de t'affronter?
Y'avait souvent M. Poil. Ou l'Ukrainien, va savoir pourquoi lui sans déconner.

Maintenant, elle crève dans mes rêves, elle crève et ça m'effondre. Parce qu'elle n'a pas le droit de se tailler comme ça après tout ce qu'elle m'a fait, les coups, la merde, le pieu dans le cœur et mon cerveau qui tourne à l'envers. Je la hais autant que j'aurais voulu qu'elle m'aime.

Et puis cette nuit, elle butait des gens. J'me rappelle plus des détails, mais je chialais, encore une fois. C'est complètement con comme rêve, elle tourne en rond, elle est pas capable de mettre un tampon pendant ses règles, elle est foncièrement malfaisante, mais elle bute pas des pleupleus. Elle est plus subtile que ça.
En me réveillant, je savais pourquoi j'avais rêvé de ça. Là, à poil dans une serviette sur le canapé, clope au bec, des cernes qui me bouffent le visage, je ne sais plus/

Après, j'ai rêvé que je parcourais Le Havre avec mon chevalier. On cherchait un chat, on arrivait chez elle. Y'avait un de ses chats clamsé, éclaté par terre dans une chambre, du sang des tripes everywhere. Et des chatons dans un tiroir. Genre 7-8 centimètres de haut assis, mais foutus comme des chatons d'un mois et demi. Certains étaient vachement plus frêles, maigres comme le petit somalien qui te regarde d'un œil accusateur dans les spots humanitaires. Mon chevalier et moi sommes reparties à la recherche de... Bah toujours du même chat qu'au début je crois. Sauf qu'une minette magnifique que je n'ai jamais vu de ma vie me suivait pas à pas.

D'après M. Poil, ce n'est pas la première fois que je rêve de minuscules chatons dans un tiroir. WATDAFUQ.

mercredi 19 décembre 2012

Devenir femme.



Petite, j'étais une poupée. Les tis jusqu'aux fesses, ma mère m'habillait, me faisait des vêtements, même. Quand je revois les photos, je rage que mon visage se soit autant arrondi, moi qui étais toute en longueur. Par contre, mes yeux sont restés bien trop petits en amande. Des yeux de chinoise, qu'il m'a dit M. Poil quand on s'est re-fréquentés. Pas comme s'il le découvrait, lui qui avait été le premier à m'avoir  vue nue sous toutes les coutures bientôt 5 ans auparavant. Anybref.

Le mercredi ou le samedi, j'allais à Coty avec ma mère. J'ai porté un corset orthopédique de 9 à 15 ans. Ma grand-mère s'est rendu compte, en me voyant sortir de la douche, que j'avais une hanche 2cm plus haute que l'autre, ce qu'est pas vraiment top. Quand je l'ai eu, il me couvrait ce qui allait devenir mon fardeau sur la poitrine et me descendait jusqu'à la moitié du cul. Tu sais comment sont les gosses, à cet âge : j'ai morflé grave. Outre les hahaha tu portes une couche!, cette horreur, les premiers mois, avait pour fermeture un truc en métal, pointu, à glisser dans un des trous. Ça me trouait tous mes fringues. Il me fallait des t-shirts au moins tous les mois. J'ai écumé les étagères de t-shirts de Jenifer, les vieux, avec les nounours à casquettes. Back then, j'adorais ça. Je mettais des jeans taille basse en 34, ouais-ouais.
L'avantage du corset, c'est que tu ne peux absolument pas grossir, et que putain c'que tu pousses. Je me suis mise à dépasser d'une tête toutes les meufs, et aujourd'hui je suis considérée comme grande du haut de mon mètre 70. Mais du coup, j'ai dû refaire ma garde-robe tous les 6 mois.
Sans parler ces merdes de sous-vêtements-sans-couture-sur-les-côtés à foutre en-dessous H24. Hello la canicule.


Un jour, ma mère est rentrée dans ma piaule alors que j'étais occupée à faire copuler jouer avec des animaux en plastique en me sortant tiens, il serait ptet temps de t'acheter des soutifs.
Je sais pas si c'est moi, ou bien si c'est pour chaque meuf : mais bordel qu'est-ce que t'es fière la première fois que tu rentres dans Eram pour t'acheter TA lingerie. Même si c'est du A. Du coup je voulais montrer à tout le monde. N'importe quel prétexte était bon pour sortir de la salle de bain à moitié à poil. Anybref...

Quand j'ai commencé à avoir des nichons à la place des bourgeons, ce qui coïncide avec l'époque où mes hanches ont décidé de doubler de largeur, y'a fallu revoir l'ergonomie du corset. Si t'es une nana, imagine ta poitrine cintrée par un demi-centimètre de plastique alors que tes seins poussent douloureusement. Pareil aux hanches, pile sur chaque os. Outre la douleur engendrée par le port ET le manque de corset, lorsqu'il fallait le laisser plusieurs semaines au prothésiste pour le modifier, j'ai encore dû revoir mon placard.

Je crois que c'est là que j'ai commencé à choisir mes propres fringues. On se foutait toujours allègrement de la gueule, j'avais pas de jogging et j'aimais pas le rose, et je mettais ni gloss ni mascara. Mais j'avais arrêté les nounours dégueulasses de Jenifer pour me mettre à une espèce d'ethnique-plouc. Suite aux conseils de mon oncle, j'avais aussi eu l'idée brillante de recouvrir mes futs de javel, pour la plus grande joie de ma mère.

Je m'étais aussi teint les cheveux pour la première fois. D'abord, j'avais eu droit au fond de décolo de ma mère, et donc à quelques mèches blondes. Après négociation, j'ai pu faire ma première couleur, celle qui m'est restée des années durant, dont je porte encore des reflets incachables même sous du noir aujourd'hui : du rouge. Par la suite, j'ai abandonné mes cheveux pour un carré, puis expérimenté diverses coupes sur tifs mi-longs.
Aujourd'hui, je lutte toujours pour que mes pointes me caressent à nouveau les reins.

J'me rappelle aussi de mes premiers essais maquillage. Ma mère me maquillait, à Noël, à mon birthday, aux concerts. Une fois, j'ai voulu discrètement remettre du crayon (turquoise, I remember) le lendemain matin pour aller au collège. J'me suis fait tuer.
Alors j'ai acheté mon premier crayon khôl et mon mascara. Je me maquillais à l'arrache dans le garage en partant, me démaquillait le midi, me re-maquillait pour la journée, me re-démaquillait le soir. Je faisais un gros trait de khôl noir sous l’œil. That's all. C'était moche.

Puis je suis entrée dans la rebellitude. En plus du make-up, j'enfilais des mini-jupes et d'outranciers décolletés dans le garage. Et des résilles. Je volais le perfecto de ma mère. J'ai sauté de ma fenêtre pour darasser. J'ai été arrêtée plusieurs fois pour vol. J'ai rencontré M. Poil. On s'est séparés pour des conneries. A l'heure qu'il est, je les regrette encore. J'ai perdu une pote parce que son mec m'a fait des trucs en concert. J'ai baisé comme une dingue. J'étais jamais chez moi.

Je suis tombée éperdument amoureuse, plusieurs fois. On s'est foutu de ma gueule ou bien on m'a aimé en retour. J'ai fait des coups de pute comme on m'en a fait. J'ai fait de grands projets avec quelqu'un qui n'était pas pour moi. Tout était drapé dans le mélodrame de l'adolescence.

Puis je suis partie chez mes grand-parents. J'ai appris à me maquiller. J'enfile des t-shirts homme en XL à défaut d'oser mettre ce que je rêve de porter. J'ai passé mon bac. J'ai vécu ma première année de fac en cité universitaire et j'ai cru mourir. J'ai retrouvé M. Poil l'été. On s'est retrouvés. On habite ensemble et on découvre un peu la vraie vie. Je me suis mise à cloper. J'ai appris que j'avais du cholestérol. Ma famille me considère comme une jeune femme, M. Poil comme une femme tout court.

Tout ça pour dire que j'ai claqué 200€ à Yves Rocher et Sephora. Je m'en serais jamais cru capable.

mardi 11 décembre 2012

Crève l'abcès, oublie pas de mettre des gants.



Je suis comme tout le monde : Noël, ça me broie les couilles menu-menu. 
J'ai pas été élevée dans la tradition de Noël. Je ne me rappelle que de 2 réveillons, quand j'étais gosse : l'un où j'ai passé la soirée à jouer à mon jeu de plateau Charmed (j'étais gosse j'te dis), un autre où ma mère chialait sa race devant un verre de Loupiac, et mon grand-père qui l'engueulait de sa voix tonitruante, voix dont j'ai paraît-il hérité dès qu'on m'hérisse le poil.

Mais au pire, on s'en bat les couilles de Noël, c'pas pour ça que j'ai le besoin viscéral d'écrire et les mains qui tremblent sur le clavier, au lieu de réviser ce putain de cours d'ergonomie de mes 2 ou de rédiger mon compte-rendu de TP.

Dans mon premier article - que personne n'a jamais, tant mieux peut-être, tant pis sûrement -, j'parlais d'un blob à l'intérieur de ma caboche. J'ai aussi parlé de l'étang stagnant où rôde tout ce que tu as jamais voulu oublié, évité.

En ce moment, je m'y rends. Il fait froid, en même temps je suis bras nus. Le vent me gifle, je ne sens plus mes piercings, j'ai la trouille de lever les yeux rapport à un film qui m'a traumatisé gamine, où une meuf voyait des cadavres flotter dans les branches. J'vois pas à 3 mètres. Mon cœur fait du dubstep, le silence se fait dans ma tête. J'ai envie de vomir. Je distingue la margelle et ses vieilles pierres fissurées, ma peur du vide glisse à l'aide dans mes veines. C'est une drôle de sensation ; comme quand j'ai une migraine, et que seul le jet d'eau de la douche sur mon crâne me soulage.
Sous les feuilles mortes, bouffées par les poissons, il y a des moi. Y'a la gamine meurtrie, la femme qui doute, le sexe qui s'éteint, la mère qui avorte, la vieille qui s'arrache des lambeaux de peau du bout des dents. Certaines sont méconnaissables, c'est leurs yeux vides qui me transpercent l'âme et leurs voix nasillardes qui me susurrent au creux de l'oreille.
J'peux plus bouger. Pourtant, y'a de l'eau là-dedans, je devrais pas sentir le vide.

Je cherche le point de départ. Samedi, quand j'ai appris que ma mère avait mis les voiles. Quand j'ai été trop lâche pour affronter le dragon. Dimanche, lorsqu'on m'a convoqué manu militari en s'attendant à ce que je tombe le futal. Quand j'ai voulu cracher, pour au final simplement laisser couler ma salive sur mon menton. Quand j'ai chialé de rage. Quand on marchait sous le gris du Havre pour trouver un tabac et qu'à l'intérieur, je me sentais mourir, en tournant dans ma tête moi, les cadavres du placards familial, moi, M. Poil, moi, ma pute de belle-mère, moi, l'ex parfaite, moi, l'épitaphe que je laisserai si là, maintenant, je lâchais la corde.

J'comprenais pas le concept avant - mourir à l'intérieur. Depuis quelques temps, bientôt 3 ans en fait, ouais, j'pige beaucoup mieux. C'est assez soudain. Comme une crise de hoquet après avoir trop bu. Et tu te sens pourrir. Les vers grouillent, grignotent des parcelles de peau, te pénètrent, ils sont froids, visqueux, te dévorent.

Dans ces moments-là, rongée par la haine, la culpabilité, la jalousie, la colère, le chagrin, je suis morte. Je ne désire que le désir. J'essaie de combler le vide, mais les vers se jettent sur les substituts comme la misère sur le monde. Substituts, by the way, d'une futilité qui tient de l'incroyable.

Je rêve d'une aiguille, chargée d'encre qui me poignarderait quelques couches de l'épiderme. Qui marquerait ma peau et y graverait ma filiation. Tout ce que j'ai eu, tout ce que j'ai raté. Encore une fois.

Tatts and boobs, what else? Peut-être un vermifuge.


samedi 24 novembre 2012

Qui c'est qu'a la plus grosse?



Je n'ai jamais su faire une division à la main, faire une ligne droite sans règle, prendre une décision sans la regretter. Et surtout, surtout, je suis incapable d'éviter la comparaison, FOR FUCK'S SAKE. Je vais donner 2 exemples ici.

Ça m'a pris quand, après avoir inauguré ce blog trop d'la balle qui aura au maximum 4 lecteurs au cours de sa petite vie de blog, j'suis allée au super u d'à côté parce que la conne de chatte braie dès qu'on se lève dans l'espoir que sa gamelle se remplisse et c'est pas normal d'être normand et de pas avoir de crème dans son frigo, BORDEL!, ça m'a pris en regardant les gens. Les petits vieux regardaient mes piercings et mon tatouage et les jeunes mon manteau usé, mes insignes Mercedes sur les épaulettes et l'écharpe tricotée par ma mamie. Je regardais leurs caddies de petits vieux remplis de tripes à la mode de Caen, d'huile d'olive et cristalline et leurs cuisses d'adolescentes au diamètre avoisinant celui de mes avant-bras, leurs blackberry et leurs doudounes.

On se compare toujours et depuis toujours. A ses frères/soeurs, à ses pairs, à ce qu'on voit tout autour de nous. Dans ce monde d'images, il n'y a pas d'autre choix.
Mais chez moi, ça touche au pathologique. Je suis barrée comme meuf. Je supporte pas de faire les boutiques avec des potes, parce que je regarde tout d'un oeil jaloux. Je ne regarde que mon nom dans les listings de la fac, sinon je bade et m'autoflagelle pendant des plombes. Si quelqu'un me regarde dans le bus, ma gorge se serre. En famille, dès que les têtes se tournent vers moi ("Et toi?"), je veux fondre avec ma chaise. Mais ça, ça reste encore de l'ordre du presque-normal.

J'aime me comparer à des fantômes.

J'en ai beaucoup. Tout le monde a au fond de sa tête (ou son coeur, ça dépend, t'es romantique ou lacanien?) un petit étang. L'eau est stagnante, glauque, et les queues des poissons effleurent des chairs qui pourrissent dans la vase. De temps en temps, tu vois une pellicule blanchâtre sous les remous, et là, tu as 2 solutions : soit t'es lâche, alors tu hurles et tu files te cacher sous ta couette, soit tu mets tes couilles sur la table (ou la margelle autour de ton étang) et tu mets les mains dans ta merde.

Moi, je suis lâche. Et toi?

Bien sûr, t'as des cadavres qu'ont toujours été là. Tes parents, entre autres. Je sens venir le cliché sur l'étudiante en psycho qui fait son coucou hebdomadaire à son clitoris devant quelque volume rébarbatif de Sigmund, fais-toi plaisir, c'est gratuit ; mais réfléchis-y, mon poussin.
Moi, c'est ma mère qui remonte le plus souvent. Pour un peu, elle m'attraperait par le bras et me noierait contre son sein. Car je ne sais pas dans quelle mesure mes comparaisons sont accurate.
Physiquement, nous avons un air de famille indéniable, bien qu'elle soit de taille average, très brune sous sa couleur blonde et bouclée, alors que je suis grande et que je tire plus sur le châtain, avec les tifs plutôt lisses. Tout le monde souffle à quel point je leur fais penser à elle en me voyant aujourd'hui ; sauf ma grand-mère, qui n'a jamais compris cette remarque.
Par contre, pas de souci pour nous rapprocher au niveau du poids. Comme il est de sens commun qu'un régime à base d'alcool et de lexomil est très bon pour maigrir, je l'ai vu dépasser les 120kg. Il paraît qu'aujourd'hui, elle en est à 60. Moi, j'oscille, je maigris souvent et vite (mais sans jamais perdre mes boobs légendaires, thank god!), pour reprendre après. Et j'ai appris cette semaine que j'ai du cholestérol. A 19 ans. Choueeeette.
Ma mère, je sais ce qui se passait dans sa tête, et c'est surtout là que se pose le problème : je lui ressemble. Je ne suis pas aussi mauvaise, ni aussi garce et manipulatrice. Mais je partage nombre de points qui me font aujourd'hui vomir, et ça m'effraie. Ça me broie jusqu'aux os, et je me retrouve à suffoquer sous le poids de d'une hérédité qui semble me courir dans les veines.
M. Poil, ça le rend fou (M. Poil, c'est le monsieur qui me colle des frissons partout et partage mon appart' depuis plus d'un an ; si tu voyais le morceau, tu comprendrais tout de suite le nickname). Il ne peut rien car je ne lui dis rien. Ça  ne l'empêche pas d'essayer de me remettre les commandes en main.
"Mon chat, si tu fais la comparaison avec ta mère, c'est que justement t'es différente. Ta mère elle est barge et bornée, toi, tu réfléchis, t'es capable de ravaler ton venin, même s'il faut des heures d'engueulades pour que t'y arrives. J'te dis, si tu compares, c'est que tu sais qu't'es pas comme elle."
Si c'était aussi simple, mon amour. Aujourd'hui encore, dans mes traits, je cherche les yeux gris de mon père, la courbe de sa mâchoire, sa pudeur et ses colères froides que j'ai toujours admiré. Les miennes sont furie, vaines, destructrices.
Telle mère, telle fille. Je ne veux pas finir par noyer des cachetons dans du pastis en délirant en laissant mes enfants crever de faim dans la merde de chat dans un appart' sans eau chaude.
Comme elle, je fume. Je suis incapable de l'affronter. La couardise me détruit.

Mais si y'avait que le background familial, les relations oedipiennes et autres trucs funky du genre, tu te doutes bien que ce serait trop facile. 

Je me compare avec chaque meuf que je peux croiser dans ma vie. Le pire, c'est l'ex de M. Poil. Je la considère aussi comme un fantôme, du fait que je ne la connais pas directement. Et que sans même le savoir, elle me hante souvent, lorsque je regarde l'homme avec qui je vis et que je me rappelle ce qu'il m'avait dit. Cette nana, c'est un peu ce que j'aimerais être, un peu ce que je déteste, quelque chose qui m'irrite au fond de la gorge et me fait tousser, tousser, tousser à chaque goulée d'air. C'est une visiteuse assise sur ma margelle, qui me prend la main en souriant pour que je m'approche des morceaux de corps remontés à la surface, me susurre "Regarde et confesse-toi.".
Faut dire que ça avait mal commencé, et ça c'est ma faute, I know. M. Poil et elle sont restés très proches, no prob by me. Mais avoue que c'est agaçant sa mère quand ils se téléphonent qu'en lousdé. Anybref, ma jalousie c'est un autre problème typiquement ovarien.
Passons sur la comparaison physique, parce que ça c'est juste universel, dès que t'as une paire d'ovaires tu te sens obligée de faire le tableau.
Les études, c'est un peu le beginning de la comparaison de merde qui te fait te sentir comme un hardeur qui bande plus. Prépa, puis une L3 obtenue avec mention TB. Je me sens petite à côté, mais relativisons : j'ai un an de moins et je suis en L3, cette année, et je pensais m'en tirer avec une mention B en me sortant un peu les doigts du cul. Où qu'il est le souci, et pourquoi tu mets "penser" à l'imparfait que tu te demandes, sweetie? Parce que ça pue du cul de tomber par hasard (no fake, j'ai vraiment pas fait exprès -pour une fois) sur un texto disant, en substance, "Je suis sûre que j'ai fait mieux que Synapse en bossant carrément moins qu'elle!".
It hurts. It hurts parce que là, en plein dans ta gueule, tu te prends toutes tes faiblesses. Et le mépris gratuit. Tu ressasses pourquoi t'étais pas capable d'attaquer une prépa, pourquoi tu t'es lancée dans une filière au hasard, pourquoi t'es là. Pourquoi t'es pas brillante, toi, la fille de ta mère. Sois brillante. Ferme ta gueule, et sois brillante.
J'aurais pu m'arrêter là. Après, je compare son couple et mon couple. Je note ce qui a changé chez moi et chez lui depuis la première fois, quand nous avions respectivement 15 et 16 ans. Je me demande ce qu'elle a changé chez lui. A quel point il l'a aimé. Il a toujours ses cours dans un casier. Elle a toujours ce qu'il lui a écrit. Moi, j'ai du tout perdre il y a 2 ans passés, tout ce qu'il me restait de nous avant. Quand je lui demande de m'écrire, comme avant, il me demande ce que j'entends par là. Tout ce que j'écris pour lui reste donc dans un dossier. De toute façon, il n'arrive pas à me relire.
Je me demande si ce qu'elle pense est sincère lorsqu'elle lui demande s'il ne répond parce que je supprime ses textos en cachette. Et pourquoi il ne lui répond pas, ne me défend pas. Il me dit que ça n'en vaut pas la peine. Elle est convaincue que je la déteste : en fait, je me sens juste petite et conne et méprisable et j'aimerais savoir.

Parfois ça passe. Quand il me réveille en pleine nuit pour me prendre dans ses bras, qu'il me galoche comme à la fin du monde, qu'il me baise jusqu'à la moelle en murmurant à mon oreille à quel point il m'aime, que je suis son ancre dans cette ville qu'il hait. Quand il me mord alors que j'essaye de planter les griffes dans ses fesses en maudissant son mètre 92 qui m'empêche de les atteindre, que j'explose dans mon orgasme et qu'il étouffe le sien dans mes cheveux, je me sens mourir tellement je suis bien. Et je ne pense plus aux autres.

Souvent ça m'obsède et je me demande ce que je peux mettre sur mon crâne pour calmer cet eczéma, putain de fils de pute sa race.

J'ai son numéro dans mon répertoire, à cette nana. J'ai commencé un texto, plusieurs fois, pour faire marche arrière, et chaque fois ça me serre davantage le coeur et je me demande pourquoi je m'en empêche. Je n'ose pas lui dire à quel point cette rivalité, aussi futile et personnelle soit-elle, me pourrit. Quel motif égoïste pour un premier contact.

Et j'écoute ça, en perdant 8 minutes de vie à chaque clope que j'allume entre mes lèvres.

"Je sais, je n'ai offert que des bouquets de nerfs."




J'ai jamais accroché au journal intime. J'ai essayé quelques fois, jamais tenu plus de 3 pages avant de foutre la pauvre chose sous un meuble, pour le découvrir des lustres plus tard et rougir toute seule devant les mièvreries que je crachais sur papier à l'époque.

Alors, quel intérêt de faire un blog, aujourd'hui? Ce n'est ni plus ni moins qu'un journal intime ; sauf que celui-là, tu veux qu'on le lise. C'est de l'exhibitionnisme pur et dur. Tu veux être lu, tu crois être capable d'aiguiser une plume sympatoche et que de chouettes commentateurs trop d'la balle, parmi lesquels tu choisis ton bff du net, te disent que non, bordel de merde, elle est pas sympatoche ta plume poulette, elle est superbe, sensible, profonde, tiens d'ailleurs c'est tellement beau que j'me touche dessus, et autre conneries pour poètes pré-pubères de skydaube.

Je n'ai pas la prétention d'écrire. J'ai un style, que j'ai pu développé tant dans le scolaire que sur mon temps libre, un style dont on peu reproche parfois la lourdeur. Comme dirait mon prof d'histoire-géo de terminale, celui-là même qui m'a dit que j'avais l'écriture d'un instituteur du XVIIIe, "c'est baroque!". Mais je m'égare. Tout ça pour dire que je si ne sais pas écrire, j'aime ça. Je pratique de plus en plus et vraiment, j'aime ça.

Pour se sentir mieux, y'en a qui fument, qui boivent, qui baisent, qui se battent, qui se noient dans le taf, ou qui se laissent mourir à l'intérieur. Pourquoi je ne pourrais pas essayer d'écrire, moi? Puisque fumer/boire/baiser, ça ne me suffit plus.

J'en ai trop dans la tête et pas assez sur la langue. J'ai les mots pourtant. Ils se bousculent pour passer, furieux, acérés, ils m'écorchent l'oesophage et le palais, et se coincent là, comme une pelote de barbelés. Je ne peux que ravaler, dissoudre dans l'acide qui brûle mes veines.

Peut-être que ce blog me permettra d'exprimer ce gris. Je me fais pas d'illusions, aussi vais-je t'épargner le speech "je sais que tu ne me jugeras pas gentil lecteur <3". Le jugement est une partie intégrante de nous. C'est sûrement ça qu'on cherche en publiant sur le web. Je ne suis pas différente.


Anybref. A la prochaine, si tu repasses.