jeudi 3 janvier 2013

Salvador Dali



J'ai rencontré Dali, son oeuvre, à 14 ans. J'étais en troisième, c'était le mois de mars et j'étais en voyage scolaire à Barcelone, malgré mon aversion profonde de l'espagnol et des profs qui nous l'enseignaient.

Il faisait diablement froid. Le matin, nous nous étions promenés près d'une plage, où le vent nous giflait férocement. Le site de fouilles archéologique me laissait de marbre, comme tout ce que j'avais pu visiter durant la semaine. Ce n'est que récemment que je m'intéresse un tant soit peu à l'architecture.

L'après-midi, nous avions rendez-vous au Théâtre-Musée Dali, à Figueres. Sa ville. La façade peuplée de mannequins dorés semblables à des Oscars.

J'ai découvert l'angoisse des visites de groupe, surtout avec des adolescents de 15 ans qui ne pensent qu'à la bouffe du soir. Être pressé.

J'ai admiré La corbeille de pain. Autoportrait mou avec du lard grillé. Persistance de la mémoire. Chair de poule inaugurale. Portrait de Gala avec 2 côtelettes d'agneau en équilibre sur l'épaule. Poésie d'Amérique. Vénus de Milo à tiroirs. Et tant d'autres.

J'ai regardé avec une fascination poignante Un chien andalou. J'ai acheté des bouquins. J'ai dévoré sa vie. Exploré ses fantasmes. Je me suis projetée sur ses toiles. J'ai partagé ses lubies, ses angoisses, ses obsessions, sa passion pour la masturbation, l'ombre de son frère mort, son impuissance, ses sauterelles, ses béquilles, sa castration, ses rochers.

Le surréalisme, on accroche ou pas. M. Poil pense que Dali était fou, et je n'ai aucune envie de rentrer dans le débat de la folie et du génie.

Je me contenterai de citer Baudoin, artiste qui a récemment fait une BD sur Dali, son oeuvre comme sa vie privée, en s'appropriant ses travaux avec brio.

Qui était ce type? Il se disait génie. Un timide. Un paranoïaque. Un impuissant. Un peintre. Mon frère. Le plus grand. Juste un marchand. Dali.

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